Sur le Laugavegur – Hrafntinnusker à Álftavatn

Trajet emprunté tel que capturé par mon GPS de randonnée

Le vent n’a pas cessé de la nuit. À deux occasions, il était assez fort pour faire plier l’armature de ma tente et la déclipper. J’ai dû pousser avec mes bras pour reclipper l’armature afin qu’elle reprenne sa forme normale. C’est du camping d’aventure…

Bien que la nuit était assez froide, j’étais au confortable dans mon sac de couchage. Faut dire que j’avais remis mes deux premières couches de vêtement et que le sac de couchage faisait office de troisième couche. Quand l’air dans mon sac de couchage devenait trop frais, j’entrais ma tête dans celui-ci et le simple fait d’expirer était suffisant pour remonter la température.

J’ai quand même été chanceux car mes voisins de tente ont profité de l’occasion pour me distraire en me donnant un cours sur la prononciation de la langue Islandaise jusqu’à tard dans la nuit. J’ai donc eu l’occasion de me former l’oreille aux tonalités de cette langue. Je me suis même demandé vers 1h00 du matin si le cours prendrait fin éventuellement où s’ils avaient encore beaucoup de matière à donner. Faut croire que ça faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus. Pour ceux qui auraient des doutes ou qui ont l’esprit mal tourné, on parle seulement de conversations en Islandais ici, et de rien d’autre.

Au matin, j’ai préparé mon don de bouffe pour le gardien en plaçant toute la nourriture excédentaire dans un petit sac puis je suis allé déposer le tout à côté de la porte de l’accueil (qui était désert à ce moment).

Le temps de manger et démonter ma tente et c’était le départ de ma deuxième journée dans ce paysage si enivrant. Au menu de la marche aujourd’hui, encore d’autres montagnes colorées, de sources géothermales, de neige en altitude et une belle descente vers le lac Álftavatn.

Un fait amusant (mais après coup seulement!) est que durant la traversée d’une crevasse remplie de neige qui fait le lien entre deux flancs de montagne, je me rends compte en marchant qu’il y a un trou dans la neige de quelques pouces de diamètre un peu sur ma droite. En y regardant de plus près, je constate qu’on voit le sol à travers le trou à une vingtaine de pieds plus bas. Je suis donc sur un pont de neige qui n’en a plus pour bien longtemps avant de finir de fondre et qui va finir par s’effondrer. Je comprends alors la raison pour laquelle le sentier bifurquait sur la gauche quelques dizaines de pieds avant. Plusieurs randonneurs, comme moi, marchent en réalité sur quelques pouces de neige suspendus au-dessus du sol. Nous constatons tous la situation une fois le danger traversé. Impossible pour nous de le savoir d’avance; cela n’est évident qu’après avoir traversé la crevasse. Comme quoi 50% des gens ont choisi d’emprunter la bifurcation de gauche, le sentier sûr, par pure chance, alors que d’autres ont continué vers la droite, la direction risquée, et ont eux la chance de passer avant que l’arche ne s’effondre. Pour avoir vu la situation de près, après être traversé, je ne suis pas sûr que le passage ait duré encore plus d’une semaine. En fin de parcours, lors de mon retour en autobus vers Reykjavik avec d’autres randonneurs, j’entends un groupe raconter la même expérience avec humour en constatant eux aussi le risque qu’ils ont couru sur le coup sans le savoir. Tous se sont aussi arrêtés pour regarder à travers le trou et ont constaté la précarité de la situation…

La photo précédente est l’une de mes préférées. La vue de cet endroit est impressionnante. On y constate l’immensité de la nature Islandaise, avec un magnifique lac, une montagne de forme pyramidale, et des volcans couverts de glaciers au loin. L’un de ces volcans, situé sous le glacier Eyjafjallajökull, est celui entré subitement en éruption en 2010, paralysant les vols aériens en Europe durant plusieurs jours.

Ce qu’il y a de nouveau durant la journée est la première traversée de rivière à faire à pied. Durant l’ensemble de la randonnée, il y aura plusieurs rivières à traverser à gué. Aujourd’hui est l’initiation à cette activité. C’est le temps de changer les bottes de marche pour des souliers de rivière le temps de traverser la rivière et remettre les bottes de marche une fois de l’autre côté.

Après la traversée de cette rivière, sans doute la plus simple à traverser de toute la randonnée, c’est le temps de rejoindre le refuge du lac Álftavatn.

Puis c’est l’arrivée au refuge d’Álftavatn (nom qui signifie lac des cygnes). La routine du randonneur se répète alors: payer pour les droits de camping, s’informer sur la direction des vents dominants, trouver un site libre pour monter la tente, repos, souper et dodo…

Le vent cette nuit est aussi fort que celui d’hier. Histoire de montrer que le vent au lac Álftavatn n’a rien à envier à celui de Hrafntinnusker. Je devrai répéter l’opération de replacer l’armature de ma tente en la repoussant à deux reprises durant la nuit, le vent l’enfonçant vers moi, pendant que je suis couché, jusqu’à me toucher…

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