Le cheminement vers… le chemin

« Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin »
Sören Kierkegaard

J’avais prévu discuter de la préparation physique dans mon message d’aujourd’hui. C’est partie remise. À l’image de la façon dont je sens qu’il faut vivre le chemin, selon l’inspiration du moment, je vais plutôt parler du cheminement vers le chemin car c’est le sujet qui occupe mes pensées depuis quelque temps. Et c’est aussi le premier véritable message dans ce blog qui est digne de l’esprit du chemin.

Pour bien comprendre la trajectoire qui sera la mienne sur le chemin, il faut donc d’abord définir le point de départ. Avant d’entreprendre une telle expérience sur une période relativement longue (84 jours) il y a un questionnement à gérer. Un questionnement relié aux besoins primaires; où vais-je manger, dormir soir après soir, comment vais-je gérer les inévitables périodes plus difficiles, comment vais-je réagir si nous devons mettre fin de façon abrupte au voyage à cause d’une blessure, d’événements extérieurs, etc. Un questionnement également relié à la finalité du voyage; quelles sont mes vraies attentes, qu’est-ce qui motive tout cela ? Comment expliquer cet appel du chemin qui parle directement à mon instinct sans d’abord passer par mon côté rationnel ? Car la décision de faire ce chemin je l’avais prise bien avant que mon esprit cartésien ait eu le temps d’examiner toutes ces questions et de participer à la décision.

Le cheminement… vers le chemin

Le premier constat est que j’ai commencé le chemin il y a déjà plusieurs mois. Ce chemin je l’ai commencé lorsque j’ai pris une décision importante concernant ma situation professionnelle. Une décision difficile de par ses conséquences (une démission avec tout ce que cela implique comme charge émotive) mais qui à ce moment était devenue limpide; c’était la chose à faire, la suite logique pour moi.

Le propre des nouveaux départs est d’exiger d’abord un renoncement, puis de laisser entrevoir une nouvelle perspective mais sans qu’elle soit réalisée, sans qu’elle soit actuelle. C’est laisser la place à ce qui pourrait être, mais qui n’est pas encore, tout en lâchant prise sur ce qui est de façon irrémédiable. Il faut donc une bonne dose de confiance en son instinct car on transige du réel pour un bien qui ne l’est pas encore. 

Le temps et l’expérience m’ont appris à reconnaître la façon qu’a mon instinct de se manifester et à distinguer entre une conviction profonde et une idée passagère. Dans ce cas ci, la manifestation s’inscrivait totalement du côté de la conviction profonde et de la nécessité d’aller vers un changement. 

La nature n’aime pas le vide. Il semble que le destin l’aime encore moins. Dès ma décision prise, j’ai senti un appel de plus en plus pressant vers l’expérience du chemin de Compostelle. Cet appel n’existait pas avant la décision mais devenait possible dans la perspective de ce nouveau départ. Une deuxième décision est donc née très rapidement; celle de mettre en branle le projet de pèlerinage sur le chemin de Compostelle. Cette expérience serait donc une période de réflexion, le chemin agissant comme un guide pour tracer l’esquisse de ce que serait la suite des choses pour moi du côté professionnel. C’était mon plan du moins. 

Et c’est là que le chemin a véritablement commencé pour moi. À la mi-décembre 2017. Dès l’annonce de mes plans à mon employeur, j’ai mis de l’avant le premier jalon de ma nouvelle perspective, de mon nouvel horizon. J’ai fait l’achat d’un symbole du chemin; j’ai acheté mon sac à dos et mes souliers de randonnée dans l’heure qui a suivi cette annonce. 

Et c’est là aussi que l’esprit du chemin a commencé à se manifester pour moi. J’avais des objectifs, une finalité pour celui-ci, mais le chemin avait aussi d’autres plans en tête. C’est dans les semaines suivantes que j’ai commencé à comprendre la dynamique du chemin. Avant même d’avoir posé le premier pas d’une longue suite des quelques millions de pas qui m’attendaient, le chemin était déjà actif en moi. Mon chemin était déjà résolument amorcé. 

Dans les lois et principes qui régissent le fonctionnement de l’Univers, il y a un principe de correspondance. Ce principe, dérivé de la philosophie hermétique, dit que « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » et que « ce qui est dehors est comme ce qui est dedans et ce qui est dedans est comme ce qui est dehors« . En gros ce principe exprime que l’Univers aime bien utiliser les mêmes recettes et façons de faire pour construire ce qui est infini (ce qui est en haut, le macrocosme) et infime (ce qui est en bas, le microcosme) et ce qui est dehors (tout ce qui nous entoure) versus ce qui est dedans (notre psyché). Il y a de nombreux exemples dans l’Univers où on observe ce principe. 

La première étape du chemin illustre aussi, dans mon expérience, ce principe en action. D’abord un chemin qui s’installe à l’intérieur via un cheminement psychologique qui mène ensuite à un cheminement physique. Ce qui est dehors est comme ce qui est dedans

Que ce soit sous l’aspect psychologique ou sous l’aspect physique, il y a des étapes dans le chemin. Les étapes physiques sont faciles à identifier; trajets, lieux, distances, histoire. Contrairement aux étapes physiques, il n’y a pas de cartographie disponible pour l’aspect psychologique du chemin. Le chemin nous amène donc de surprise en surprise de ce côté. Ces étapes sont donc parcourues et vécues sans grande préparation car elles sont peu discutées.

C’est là la vraie nature du chemin tel que je le vois aujourd’hui. Aider à avancer et aller toujours plus loin, toujours plus haut. C’est ce qu’il demande à travers le défi qu’il lance: « Ultreïa ! »

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