Jour 66 – Étape 63 – Sarria

Depuis Triacastela, le chemin offre deux options pour se rendre à Sarria. Une option courte qui va directement à Sarria via la campagne et une option plus longue de 7 km qui passe par Samos. Il y a à Samos un monastère de moines bénédictins qui est à visiter selon plusieurs sites.

Je choisis donc cette option et passe par Samos. Le chemin au départ longe une route passante; dommage, mais au moins je verrai le monastère. Heureusement, le chemin entre ensuite en forêt et devient subitement intéressant; le calme de la forêt et la maturité du sentier font toute la différence. Je traverse quelques hameaux (villages minuscules et il faut le dire assez pauvres, ce qui ajoute à leur charme) et arrive ensuite à Samos. Il y a un point de vue sur le monastère depuis la montagne qui descend sur Samos. Ce sera pour la prochaine fois, car aujourd’hui le paysage est brumeux.

Je me rends ensuite au monastère de Samos qui domine le village. Au détour d’un de ses côtés, on découvre son entrée principale; c’est beau, ça promet. Je passe à la boutique acheter un billet de visite (en espagnol seulement) et celle-ci commence.

Nous passons d’abord dans le cloître. De toute beauté. On dit que c’est le plus grand cloître en Espagne. Le monastère est toujours vivant grâce à la présence de moines bénédictins. J’en aperçois un qui passe rapidement mais le manque de justesse côté photo. Ces moines sont habillés comme dans l’ancien temps; ils sont revêtus d’un chasuble noir.

La visite se poursuit et nous allons voir le quartier des moines. Il y a bien sûr une section privée que nous ne pouvons voir. Nous passons ensuite à la chapelle (qui est en réalité une grande église) qui est tout simplement magnifique. Coupole, plafond voûté; elle est belle.

En terminant la visite, nous redescendons devant le cloître et j’aperçois un autre moine. Cette fois-ci je le tiens mon lapin, il ne pourra pas s’échapper. Je le prends en photo au téléobjectif.

En sortant, je vais acheter une barre de chocolat au lait fabriquée par ces moines. On va voir s’ils font du bon travail. Le verdict : ils travaillent bien, car ma foi (c’est le cas de le dire) c’est du bon chocolat.

Le trajet se poursuit jusqu’à Sarria. À mon arrivée, je me rends dans une auberge et le gérant me dit que c’est tranquille aujourd’hui côté pèlerins. En effet, nous ne sommes que trois personnes dans le dortoir. Moi qui croyait qu’à partir de Sarria ce serait une usine de pèlerins, je suis surpris. Le gérant, un Suisse qui habite à Montreuil et parle le français, me dit que c’était plein la journée précédente mais qu’aujourd’hui les pèlerins se font rares. Tant mieux, il semble que je sois dans un creux de vague.

Demain la destination est Portomarin. Il ne reste que cinq étapes avant mon arrivée à Santiago, prévue pour jeudi. Mon plan est d’aller chercher ma Compostela à mon arrivée à Santiago et de visiter ensuite la ville. Le lendemain, vendredi, j’irai à la messe des pèlerins. Selon ce que j’ai lu, les vendredis la messe des pèlerins se fait avec le botifero, cet encensoir géant qui permettait à l’époque (et peut être encore aujourd’hui) de masquer l’odeur des pèlerins avec de l’encens.

Je vais rester deux jours à Santiago et partirai ensuite pour Finistère. La tradition une fois rendu à Finistère est de brûler son linge. Comme je n’ai pas trop envie de faire cela, j’ai plutôt décidé de raser ma barbe de pèlerin et aller me faire couper les cheveux.

Depuis le début du périple, je me suis en effet laissé pousser la barbe car c’est plus pratique. Il semble que je ressemble beaucoup à Jésus Christ, car les américains que je croise sur le chemin réagissent toujours en disant « Jesus Christ » lorsqu’ils m’aperçoivent la première fois… 😉

Fait amusant, depuis que je suis en Espagne, je croise beaucoup de « perruquia ». Au début je croyais que c’était des fabriques de perruques. Mais je me disais que ça en faisait beaucoup, que le concurrence semblait très forte dans le domaine. J’ai finalement été voir de quoi il s’agissait et ce sont en fait des boutiques de coiffure.

J’irai donc, à Finistère, faire un tour dans un perruquia pour suivre la tradition du chemin, à ma façon. Barbe, bouc et moustache y passeront. J’ai bien hâte de voir ce que diront les américains après…

Et si je reviens les cheveux frisés ou avec une permanente, je pourrai blâmer mon espagnol encore une fois… 😇

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