Jour 60 – Étape 57 – Astorga

L’étape d’aujourd’hui était courte; moins de 4 heures de marche (environ 16 km).

À environ 7 km d’Astorga, dans une portion du chemin où on traverse ce qui reste de la Meseta, il n’y a pas de village où on peut se restaurer. Heureusement, on arrive à ce qui semble être le paradis; un arrêt pour pèlerins où on offre tout ce qu’on peut imaginer comme fruits (portions de melon d’eau prêtes à manger, pêches, pommes, poires, etc), une table où tous les jus de fruits possibles sont offerts en portions individuelles, une  cabane à thé et évidemment de nombreux bancs à l’ombre pour profiter de tout cela. Le tout en format libre-service et donativo. On prend ce qu’on veut, on paie ce qu’on peut.

On sent une énergie spéciale dans ce lieu.

C’est un peu un mélange de style hippie mais remanié pour être contemporain. Je trouve l’endroit spécial et j’entend les commentaires des autres pèlerins qui pensent la même chose. Je consulte donc mon application mobile que j’utilise pour obtenir les commentaires sur les gites et voit que cet arrêt est géré par un certain David. Un David que je vois se démener à gauche et à droite pour servir tout le monde et garder ses tablettes garnies de victuailles.

À ceux qui ne peuvent lui faire un don, il dit de se servir car c’est Dieu qui le paie (en gesticulant pour indiquer que cela vient « d’en haut »). On le sent sincère.

Un David qui observe et sait établir rapidement un contact avec les gens. Dans mon cas, il voit que je porte une casquette de la NASA et me fait une blague, puis m’indique de ne pas me gêner pour me servir (« it’s all self-service »).

Après avoir avalé un jus et mangé du melon d’eau (ah que c’est bon après avoir marché !), je vais le voir et lui demande si c’est bien lui le David dont on parle dans l’application. Il me dit que oui, me donne l’accolade, et je lui demande alors si je peux le prendre en photo. Il me répond « paparazzi ! » en riant et je prend la photo. D’autres pèlerins en profitent alors pour faire de même.

Cette personne est le genre de rencontre qu’on veut faire sur le chemin. Ou de façon équivalente, je dirais qu’on entreprend le chemin pour faire ce genre de rencontre.

Rencontrer quelqu’un qui fait les choses pour les bonnes raisons, pas pour devenir riche ou dans un but commercial. On sent à son contact que c’est une personne généreuse, vraie. Ça m’a fait chaud au cœur de le voir œuvrer pendant les quelques minutes durant lesquelles je suis resté à son arrêt et ça valide les efforts que le chemin nous demande. Pour ceux qui se demandent de quoi il a l’air, pensez à un croisement entre un hippie et un surfeur. Je vais inclure sa photo dans le blogue dès qu’elle sera transférée. Cela fait partie du personnage.

Demain ma destination est Foncebadon. J’avais prévu initialement Rabanal del Camino, mais cela laisserait 32 km à faire pour l’étape suivante, Ponferrada. Comme l’offre en gites est bonne aussi à Foncebadon et que cela équilibre la longueur des étapes (deux étapes d’environ 25 km plutôt qu’une courte, 18 km, et une longue, 32 km), cette destination est un meilleur choix.

Il ne reste maintenant qu’environ 250 km avant d’atteindre Santiago. Le nombre de 250 est beaucoup plus facile à traduire en terme d’étapes; une dizaine d’étape de 25 km en moyenne. On commence donc à sentir la fin de ce périple. Mais avant cela, il reste des étapes importantes; le passage à Cruz de Ferro, immédiatement après l’étape de Foncebadon et l’arrivée à Santiago.

Restera ensuite Finistère et Muxia pour compléter la symbolique du chemin. On y arrive…

Cliquer sur ce lien pour voir les photos de cette étape

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