
Départ sous le soleil et température idéale aujourd’hui. Destination : Domaine le Sauvage situé à environ 20 km de Saugues.
Lors de la planification des étapes, j’avais choisi cette étape pour son excellente réputation et sa distance de Saugues. Elle constituait une étape normale en terme de distance et de durée. Je croyais qu’elle serait plutôt facile. Mais, dans ma grande inexpérience, je n’avais pas vérifié les dénivellations entre le point de départ et le point d’arrivée. Les cartes indiquaient que le trajet n’avait pas de montée difficile.
C’était la théorie bien sûr. À la pratique, nous avons plutôt découvert un trajet qui était pratiquement toujours en montée. Des montées qui ne sont pas classées difficiles car très graduelles (sauf la dernière section) et qui apparaissent donc comme des trajets en vert (sans difficulté) sur les cartes. Mais l’accumulation de montées en pente douce représente quand même une différence d’altitude de 400m entre Saugues (altitude d’environ 900m) et le Domaine le Sauvage (altitude d’environ 1300m). Le trajet alterne aussi d’un vallon à un autre, ce qui fait que nous descendions souvent des sections pour les remonter plus tard. Pas un trajet plat donc. Dans les derniers 4 km, il y avait une section d’environ un kilomètre qui grimpait de 150m.






Un trajet relativement exigeant donc (du moins comme quatrième étape). Nous sommes donc arrivés un peu fourbus à l’accueil des pèlerins. Fiston a commencé à ressentir des douleurs à la plante du pied droit dans les derniers 8 km. Pour l’étape de demain qui est exigeante, je tente de faire transporter son sac à dos par un service de transport. Il existe en effet la possibilité sur le chemin de Compostelle de faire transporter son sac d’une étape à une autre.
Cela coûte autour de 10 euros (selon la compagnie) et les sacs sont livrés directement au gite d’étape. Il suffit de réserver le service, laisser son sac au gite de départ et le service se charge de transporter le sac à destination avant même que le pèlerin y soit.
Pour éviter que fiston développe une tendinite, nous tentons donc de réserver un transport pour demain. À noter que ce service offre également le transport de personnes. Si jamais, par exemple, une tendinite apparaissait et nécessitait un repos de 10 jours, le transport de la personne affectée permettrait de ne pas compromettre l’ensemble du pèlerinage.
Depuis les dernières étapes, j’ai commencé à me servir presqu’en permanence des bâtons de marche. Durant les entraînements de préparation, ceux-ci n’avait pas été utilisés car je préférais que la demande soit plus forte sur nos jambes.
Avec la pratique d’un terrain plus accidenté, les bâtons sont maintenant une nécessité. Par contre, leur utilisation au début a été plutôt désordonnée car nous n’avions pas une bonne synchronisation entre les jambes et les bras. Après deux jours d’utilisation permanente des bâtons, le cerveau s’est ajusté et la synchronisation est maintenant automatique. Dès qu’un pied avance, le bâton opposé suit.
Les bâtons ajoutent un élément de rythme à la marche. Le choc contre le sol produit un espèce de tic-toc qui aide beaucoup à moduler la vitesse de marche. Ça devient même hypnotisant. Tel un métronome, les bâtons rythment la marche.
Lors de la marche, nous avons beaucoup de temps pour penser. Le paysage est parfois l’objet de notre attention, mais celle-ci glisse souvent vers notre monde intérieur. C’est ce qui fait la force de la marche. Elle réussit à hypnotiser notre corps et le contrôler, laissant le champ libre à la réflexion.
Demain, grosse étape, de 28 km. Les prévisions météo annoncent de la pluie. Je vais donc de ce pas (le 29,744 ième aujourd’hui selon mon compteur de pas) vérifier les dénivellations de cette étape pour voir si elle est toujours réaliste.
À demain !