
C’est maintenant officiel, il me reste une paire de bas Injinji pour le reste du chemin. J’ai oublié ma seconde paire sur la corde à linge du gite de Condom. Je m’en suis rendu compte après avoir marché 6 km vers Montréal-du-Gers et je n’avais pas du tout le goût de revenir en arrière pour les récupérer. Je vais peut-être essayer de les remplacer par un autre modèle à St-Jean-Pied-de-Port (les boutiques pour pèlerins sont très complètes là-bas apparemment), car nous ne sommes qu’à un peu plus d’une semaine de cette étape.
Aujourd’hui, c’est une étape de 16 km seulement. Par contre nous avons choisi de sortir du GR65 pour aller visiter la cité-forteresse médiévale Larressingle ce qui ajoute deux kilomètres à notre parcours.
Larressingle est une enceinte fortifiée d’environ 300 m de diamètre. Chaque maison du village sert de mur dans la fortification. La partie centrale ainsi libérée comprend une église romane (12ième siècle) ainsi que divers constructions qui à l’époque devait être d’utilité générale (forgeron, etc.) mais qui sont maintenant remplacées par des boutiques et restaurants.
J’ai inclus quelques photos pour voir l’apparence de cette fortification médiévale. Nous avons lunché le midi à cet endroit. Le détour en valait la peine.




Le chemin aujourd’hui était plus facile. En partie parce qu’il passait moins par des chemins de terre et aussi parce que ceux-ci avait commencé à sécher. Malgré cela, la boue était encore un peu présente et nous avons remarqué plusieurs endroits où des traces de débordements d’eau étaient encore visibles (terre drainée dans le bas des vallons, herbe couchée sur le sol par le passage de l’eau, chemin de terre rempli de terre de cultures’étant affaissée par le passage de l’eau, etc.).
C’est donc dire que ce que nous avons vécu hier n’était que la pointe de l’iceberg. D’ailleurs au pont d’Artigues qui marque le distance de 1000 km restant jusqu’à St-Jacques de Compostelle, il y avait une note manuscrite écrite par un pèlerin ou un responsable de la région qui indiquait que certaines portions du chemin étaient inondées et recommandait des alternatives. Nous avons fait fi de ce message car il datait de la journée précédente.

L’arrivée à Montréal-du-Gers est un peu spéciale pour les Québécois; on voit d’abord une pancarte indiquant simplement « Montréal » puis on voit des commerces qui portent le nom du « Mont Royal ».


Nous sommes en formule demi-pension ce soir ce qui veut dire que nous prenons un repas en commun avec d’autres pèlerins. Vincent, l’hospitalier qui gère le site cette semaine, est un bon animateur et fait chanter une chanson typique de chaque pays aux pèlerins présents. Nous nous rabattons sur l’hymne national du Canada quand vient notre tour car nous ne connnaissons pas les paroles d’autres chansons plus typiques (comme Dégénérations).
Ce soir la tablée au gite comprend des Hollandais (nos voisins), des Français de différentes régions, un Belge (l’hospitalier) et des Allemands. L’autre couple qui nous voisine vient de Le-Puy-en-Velay, ce qui fait qu’ils ont littéralement commencé leur chemin depuis leur maison. Ils aiment entendre le fait que Le-Puy-en-Velay demeure pour nous une étape très spéciale…
Demain notre destination est Éauze. Éauze est reconnue comme une des villes ambassadrices de l’armagnac. Lors de notre passage à Cahors, Eden Chalumeau, le propriétaire du gite où nous étions hébergés, nous avait conseillé de ne pas manquer la tarte aux fraises-armagnac. Nous comptons bien suivre ses recommandations…