Jour 3 – Étape 1 – Montbonnet

Au moment où j’écris ces lignes, nous venons de compléter cette première étape. Mes jambes sont contentes que ce soit maintenant le cerveau qui ait à travailler un peu. La durée du trajet est plus courte que la normale, mais le début est raide un peu.

L’endroit où nous sommes hébergés aujourd’hui n’a pas de wifi. J’avais parlé que j’ajouterais un message pour inclure les photos retenues suite à la visite de Le-Puy-en-Velay. Je vais le faire dès que le wifi est disponible dans une prochaine étape. Pour le moment, je ne peux télécharger les images sur le site sans risquer de dépasser ma limite mensuelle de 1 GB sur la carte SIM achetée à Le-Puy-en-Velay.

Aujourd’hui était le jour J :  le début de la marche sur le chemin de Compostelle.

Le tout a commencé par un lever tôt afin de préparer notre sac à dos (ce qui n’est pas une mince tâche à cause de la façon assez optimisée où nos choses sont placées). Après un déjeuner spartiate, nous nous sommes rendus à la cathédrale Notre-Dame du Puy pour la messe des pèlerins. À tous les matins à 7h00, une messe des pèlerins est célébrée avant le départ de ceux-ci. Il s’agit d’une messe conventionnelle suivie d’une partie spéciale pour la bénédiction des pèlerins. À la fin de la partie conventionnelle, le prêtre réunit les pèlerins devant la statue de St-Jacques et demande à tous de leur indiquer leur pays de provenance.

Des gens ont alors indiqué le Brésil, la Suisse, le Japon, l’Espagne, la France (évidemment), les Pays Bas. Lorsque j’ai mentionné « du Canada », le prêtre m’a alors demandé si c’était du Canada francophone et du Québec en particulier. En riant, il a ensuite mentionné que le Québec était parfois nommé par des personnes qui ne voulaient pas indiquer Canada. Les gens de France semblent beaucoup apprécier les québécois. Probablement à cause de leur chaleur et de leur franc-parler (sans oublier bien sûr l’aspect pittoresque pour eux qui vient avec notre accent).

Au moment de mentionner notre provenance, seulement un autre pèlerin (une dame de Montréal que nous avons ensuite croisé sur le chemin) a levé la main pour indiquer qu’elle provenant aussi du Canada. Dans la cohorte d’aujourd’hui, il y avait donc trois canadiens (j’ai appris plus tard que deux torontois s’ajoutaient à cette liste).

Le prêtre a ensuite demandé quelle était la destination des pèlerins. La plupart prévoient se rendre à Conques (soit un pèlerinage d’environ 200 km), d’autres à St-Jean-de-Pied-de-Port (un pèlerinage de 800 km) et une poignée de personnes (environ 5) comptent de rendre à St-Jacques-de-Compostelle (dont nous évidemment).

Après la bénédiction, le prêtre nous a invité à passer à la sacristie pour faire tamponner nos crédentiales avec le sigle de la cathédrale de Notre-Dame du Puy. Les sœurs semblaient surprises de notre destination. Il semble que de nos jours, il n’y ait pas beaucoup de pèlerins qui prévoient de faire le chemin en une section.

Vint ensuite l’heure du départ. Le prêtre nous a offert d’amener les souhaits écrits par des pèlerins des jours précédents avec nous. J’ai choisi deux souhaits en français et un en anglais. Ces souhaits seront ajoutés à la petite enveloppe qui contient les souhaits provenant de ma famille. Je compte bien les transporter jusqu’à la Cruz de Fierro et les déposer à cet endroit.

Ce qu’il y a de particulier dans le départ, c’est que le grillage qui recouvre le sol du couloir central de la cathédrale est soulevé pour faire apparaître un passage qui est le début du long escalier en pierre (couvert par une voûte au début) qui amène les pèlerins sur le chemin. C’est un peu comme si la cathédrale était la caverne à partir duquel émerge le chemin.

Nous étions aujourd’hui une centaine de pèlerins à prendre le départ. Celui-ci est constitué au début d’une longue descente (la rue des Tables) à travers de la ville, qui nous amène au pied de la rue de Compostelle qui elle reprend les hauteurs perdues avec une montée forte et soutenue. Le départ nous met donc bien en jambes, et le cardio est bien testé.

Nous cheminons ensuite en campagne dans des chemins de terre et des sentiers pendant que Le-Puy-en-Velay disparaît tranquillement derrière nous.

En terme de durée de marche, nous avons marché environ 4h30 pour une distance de 17 km. La règle du pouce qui semble s’établir, c’est que pour chaque montée de 100m en altitude, un effort équivalent à 1 km de marche est requis. Considérant que nous avons monté de 500m en altitude aujourd’hui, l’équivalent physique serait d’une marche de 22 km, ce qui correspond sensiblement à ce que nous sentions dans nos jambes à la fin en terme de fatigue.

Après notre arrivée à Montbonnet, nous nous sommes dirigés vers notre gite. Un excellent gite bien pensé (son seul petit défaut est l’absence d’un lien wifi). Suivi alors notre nouvelle routine, soit douche, lessive du linge de la journée et repos (plus préparation du blog dans mon cas).

Un souper en commun avec tous les pèlerins du gite a ensuite eu lieu à 19h00. Nous étions attablés en face d’un couple australien (probablement dans la soixantaine+) très sympatique. Nous étions leur point d’interface avec le reste du groupe. Couple qui avait déjà fait le Camino Francès (en Espagne) et qui revenait cette année pour faire la via Podiensis. Eux aussi semblaient surpris de voir que nous voulions le faire en une section et nous ont mentionné que c’était quelque chose qu’ils feraient si c’était à refaire. Nous avons ensuite parlé d’une foule de sujets et reçu de précieux conseils sur le Camino Francès (variantes à privilégier, étapes difficiles, auberges, etc.)

Côté bouffe, nous avons eu droit aux spécialités régionales; un plat de lentilles vertes en entrée, aligot ensuite pour finir par une assiette de fromages de la région et des desserts.

Demain nous continuons notre chemin jusqu’à Monistrol d’Allier. Dès que l’accès wifi est possible, je compte ajouter des photos des dernières journées.

Pour terminer le message de cette étape, j’aimerais souligner que j’ai eu l’insigne honneur d’être choisi à la messe des pèlerins pour passer la quête. Ce que j’ai fait. Au moment de passer d’un banc à l’autre, j’ai cependant rapidement constaté que mon sac à dos était la proie d’une vive agitation (provenant de la pochette VIP). Dès mon retour au banc, j’ai compris ce qui se passait. En ouvrant la pochette VIP, j’ai entendu Apudlu répéter inlassablement; Yadleuro ! Yadleuro ! 😇

Cliquer sur ce lien pour voir les photos de cette étape

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