
Départ de Conques à 9h00 ce matin. Nous passons à la librairie religieuse pour faire tamponner nos crédenciales.
Nous continuons notre route sur le GR65 et empruntons le pont des pèlerins. Une montée très raide suit. Nous passons d’une altitude de 290m à 470m sur une très courte distance. À l’œil, je dirais que la pente est de l’ordre de 45 degrés, et étagée par des marches formées par de grosses roches. Même si la température est encore fraîche aujourd’hui (autour de 10 degrés), pour la première fois, je sue à grosses gouttes durant la montée.

Sur le chemin toujours ascendant, nous atteignons la chapelle Ste-Foy. La tradition veut que les pèlerins sonnent la cloche de la chapelle et qu’un religieux dans l’abbatiale Ste-Foy réponde en sonnant les cloches de cette majestueuse église. Aujourd’hui, malgré plusieurs tentatives la réponse ne vient pas. Peut-être le son ne voyage-t-il pas bien à cause de la brume ?


Nous continuons notre ascension et entrons dans le coeur de ce nuage de brouillard qui ne semble pas vouloir nous quitter depuis quelques jours. La vue sur Conques doit être superbe après toute cette montée mais nous ne voyons de notre côté qu’un rideau gris.
La suite est sans panorama. Nous marchons les vingt prochains kilomètres sans voir très loin devant nous. Ce n’est qu’une fois rendu près de Decazeville que le chemin descend un peu et nous offre la possibilité de laisser le brouillard pour la première fois de la journée.
Parlant du chemin, celui-ci peut parfois être fâchant. Après toute la montée de l’avant-midi, il nous fait redescendre pour arriver à Decazeville. Nous faisons à peine 800m dans cette ville avant que le chemin décide de remonter dans les montagnes environnantes. Nous remontons donc d’un autre 300m pour atteindre 600m sur les prochains kilomètres. Que nous redescendrons ensuite pour atteindre notre destination, Livinhac-le-Haut.


Après les dernières journées où le thème du chemin était l’eau (la pluie), le thème de la journée semble être la terre. Nous pataugeons dans des sentiers rendus boueux par la pluie des derniers jours. C’est glissant. À une certain point, je pique mon bâton de gauche dans la boue qui l’aspire et en continuant ma marche je glisse, suis déséquilibré par le bâton qui refuse de suivre et tombe sur le côté. Pas de dommage, car cela se fait dans la boue. En me relevant, je place ma main sur le pieux de la clôture et touche en même temps le fil métallique qui y est attaché. Je reçois alors un esti de choc électrique. Oui, il s’agit bien d’une clôture à vache qui garde celles-ci à l’intérieur des limites. Frustré, je me tourne alors vers les bâtiments du propriétaire de l’espace et lui lance un « Meuuuuuhhhhhhh » de dépit…
Pour les puristes de la langue française, j’aimerais ouvrir ici une parenthèse et indiquer que mon utilisation du mot « esti » n’est pas un sacre mais bien une unité de mesure d’intensité. Fin de la parenthèse.
Depuis Decazeville, nous constatons que le style des habitations et la végétation changent. Nous voyons de plus en plus de palmiers, signe que le climat est différent de celui des portions marchées jusqu’à maintenant.
Demain on annonce enfin du soleil. Notre destination : Figeac, ville de taille moyenne qui héberge le musée Champollion, personnage célèbre parmi les égyptologues pour avoir été le premier à déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens.
Au cours des prochains jours, je vais mettre en ligne les photos des dernières étapes. L’accès wifi est toujours très variable d’un gite à l’autre et depuis Espeyrac, ça été le grand désert de ce côté. J’ai espoir que ça s’améliore d’ici peu.