Introduction

Pourquoi le chemin de Compostelle ?

C’est une bonne question.

L’auteur d’un livre que j’ai lu récemment disait que pour lui la vie n’était pas la recherche du plaisir comme Freud le croyait, ni la recherche du pouvoir comme Alfred Adler l’enseignait, mais plutôt la recherche de sens, de signification. Il disait que la plus grande tâche d’une personne était de trouver le sens de sa vie:

« Life is not primarily a quest for pleasure, as Freud believed, or a quest for power, as Alfred Adler taught, but a quest for meaning. The greatest task for any person is to find meaning in his or her life. »
Extrait de la préface de Man’s Search for Meaning par Viktor Frankl

Je suis assez d’accord avec cette interprétation. Je ne fais pas le voyage pour trouver un sens à ma vie mais plutôt pour marquer une étape dans celle-ci et voir quel sens je veux privilégier dans les années à venir. En vieillissant, je souhaite que certaines choses prennent moins de place dans ma vie (comme le travail) et que d’autres reviennent à l’avant-plan (comme le besoin de laisser quelque chose en héritage, de laisser ma marque si on veut).

Pour moi ce voyage est donc une occasion de réfléchir à tout cela en me plaçant dans un contexte où la réflexion pourra se faire sans les nombreuses distractions et le tourbillon de la vie quotidienne. Il y a bien sûr les à-côtés comme voir de beaux paysages et retrouver ma forme, mais c’est le chemin lui-même qui m’appelle. Car il s’agit bien d’un appel.

Je suis conscient, après la lecture de ce qu’ont vécu ceux qui ont déjà fait ce chemin, qu’il est possible que le résultat soit tout autre. Je suis donc ouvert à ce que le chemin pourra m’enseigner et c’est peut-être là que se situera la richesse de la réponse. En entreprenant ce chemin, j’accepte donc son appel et ce qu’il m’apprendra.

Je crois beaucoup à la nécessité de faire des rites de passage aux moments marquants de la vie. Pour cette raison, je ferai ce voyage en compagnie de mon fils âgé de 18 ans. Lui aussi se trouve à un moment charnière de sa vie, soit celui où on doit choisir une carrière pour la suite des études. Je souhaite que ce chemin soit aussi pour lui une réponse ou un renforcement de ce côté et peut-être aussi un apprentissage beaucoup plus large de la vie.

Je sais que ce voyage sera difficile par moment, avec des périodes où le goût d’abandonner sera présent, mais je sais aussi qu’il sera à l’image de la vie; composé de zones de questionnement, de découragement, de résilience, de réponses, de bonheur et de grandes découvertes.

En préparation depuis plusieurs mois, nous entreprendrons ce voyage de la ville de Le-Puy-en-Velay située en France, jusqu’à la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle située dans la ville du même nom (Santiago de Compostela en espagnol) en Espagne. Le chemin de Compostelle est en fait composé de plusieurs variantes (on devrait plutôt dire les chemins de Compostelle) et celle que nous utiliserons sera la via Podiensis suivie du Camino Frances.

Après l’arrivée à Santiago en juillet, le voyage se poursuivra pour deux destinations supplémentaires, la première à Finistère (Fisterra) et la seconde à Muxia, toujours en Espagne. Deux destinations supplémentaires qui font partie de la démarche du chemin mais que tous les pèlerins ne font pas. On parle d’une marche de plus de 1700 km en tout, sur environ 80 jours. Ça explique un peu pourquoi les Français ont appellé ce chemin le GR65, « GR » pour Grande Randonnée

Le départ pour Paris se fera le 2 mai 2018. D’ici là, il est temps de retourner aux derniers préparatifs…

À bientôt !

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