Étape 30 – Sarria

Tel que prévu, nous avons choisi la variante la plus courte (18 km) pour nous rendre à Sarria, car Paul avait convaincu sa sœur de se rendre au bar/restaurant de l’auberge Terra de Luz pour y examiner la « faune ».

D’après ce que j’ai compris des échanges entre Paul et Daphné, les gens de cette auberge feraient partie d’une espèce de secte chapeautée par un gourou.

L’idée semblait être d’aller les observer et de comparer ensuite nos observations.

Le problème c’est que nous n’avons pas vu l’auberge en question. Peut-être la secte a-t-elle déménagé, changé de nom ou remplacé son gourou par un nouveau gourou ? Le virus de la COVID-19 s’est peut-être révélé plus puissant que la secte ? Qui sait ?

Tout cela pour dire que nous revenons les mains vides de cette « mission ».

Nous sommes à la même auberge que celle que j’avais choisie en 2018. Et le gérant est toujours ce même Suisse de Montreuil qui parle français. Je lui ai d’ailleurs mentionné que nous nous étions rencontrés en 2018 ce qui l’a bien fait rire: il m’a demandé si j’amenais toute la famille en pèlerinage…

Comme nous étions les premiers arrivés, j’ai fait le choix du même lit qu’en 2018. Et j’ai même retrouvé une photo dans mes archives pour le confirmer.

Après une pause « chill » (terme utilisé par la nouvelle génération), nous irons visiter la ville. Les achats pour le repas du soir et le déjeuner du lendemain sont déjà faits. Salade, pain et fromage du pays au menu. Sangria comme accompagnement.

Le vin coûte le même prix que l’eau en bouteille ici. Une bouteille de 750 ml de vin (au goût correct) coûte 0.90 euros en épicerie…

Pour l’espagnol, je continue de me débrouiller. Ce qui dans le monde de Daphné veut dire que c’est toujours aussi amusant de me voir aller.

Il faut expliquer ici que j’utilise la méthode Ti-Georges pour l’intégration dans les cultures étrangères.

En quoi consiste cette méthode ? C’est très simple. Faire comme si on comprenait ce que les gens nous disent, et lorsqu’une question est posée, toujours répondre « oui » (« si ») sans faute.

Cette méthode, je l’ai apprise de son inventeur, mon grand-père maternel, dans ma jeunesse. Lors de voyages à Ogunquit, mon grand-père, qui ne comprenait pas l’anglais, a développé cette méthode révolutionnaire en la raffinant sur des serveuses américaines.

Lors de la commande d’un repas, il fallait voir leurs têtes lorsqu’elles demandaient à mon grand-père s’il voulait des « french fries or mashed potatoes » avec son plat. Ce à quoi mon grand-père répondait immanquablement par un « yes » très ambiguë. La serveuse répétait alors sa question, pour obtenir de mon grand-père la même réponse.

À mon jeune âge, ma conclusion avait été que la méthode était très efficace, car mon grand-père finissait toujours par avoir des patates avec son plat.

J’ai testé cette méthode ici et elle est aussi efficace. À date, il n’y a qu’une dame à Ponferrada qui a compris le subterfuge. Pour les autres, je suis probablement simplement un pèlerin un peu idiot.

Mais à choisir, c’est mieux d’avoir l’estomac plein et l’air idiot que l’estomac vide.

Merci pour cette grande leçon de vie Grand-Papa… 😉

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