Nous sommes maintenant en Espagne. Nous avons traversé le pont séparant la France de l’Espagne en fin d’après-midi. Un simple pont qui nous transporte d’une culture à une autre très différente…
Environ 27 km de marche aujourd’hui si on inclus la visite de St-Jean de Luz en matinée avant de partir vers Irun, soit une vingtaine de kilomètres de marche avec nos sacs.
Nous avons compris aujourd’hui une vérité fondamentale du Camino del Norte entre la France et l’Espagne. Au début nous trouvions que le chemin était très mal balisé par bout; nous comprenons maintenant que la réalité de ce chemin se déroule dans un jeu vidéo.
Au lieu de placer les balises (flèches, symboles de coquille) aux endroits où il serait utile de les avoir, le chemin nous demande plutôt une attention de tous les instants pour les trouver.
Le titre du jeu vidéo n’est pas « Où est Charlie ? » mais bien « Où est Jacquie ? ».
Il y a d’abord le niveau 1 où on retrouve des indications relativement fréquentes et claires. Dès que nous démontrons une capacité à ce niveau, le jeu passe rapidement au niveau 2.
Le jeu commence réellement au niveau 2. On reçoit d’ailleurs un texto du Vatican pour nous le confirmer:
Bravo ! Vous venez d’atteindre le niveau 2 du jeu « Où est Jacquie ? ». Ayez la foi et faites vos prières pour passer aux niveaux supérieurs.
Au niveau 2, les balises sont encore fréquentes mais se contredisent entre elles. Une flèche jaune dit d’aller à gauche, alors qu’une autre insiste pour aller de l’avant. Il faut observer attentivement la scène (et se tromper pour acquérir l’expérience nécessaire) afin de s’en sortir. On passe alors au niveau 3.
Au niveau 3, les symboles deviennent minuscules. Placés au loin, ils sont pratiquement invisibles. Bien malin ceux qui réussissent à tous les voir.
Lorsque le score atteint au niveau 3 est suffisant (pas plus de 100 pas dans la mauvaise direction), on passe au niveau 4.



Le niveau 4 est terrifiant. Les symboles utilisés comme indication ne suivent plus aucune logique; on retrouve des carrés jaunes, des traits jaunes, des symboles du chemin complètement délavés par le soleil et autres choses du genre. Passer le niveau 4 demande un courage certain. Le niveau 5 peut alors être atteint.








Le niveau 5 est celui de l’indécision. Plutôt que limiter le placement des signes à des endroits névralgiques, la stratégie utilisée est plutôt d’en placer partout à chaque embranchement. On est dans un rond-point et chaque branche contient un signe. Où aller ? On essaie une branche et si on ne trouve pas un signe du chemin dans le prochain kilomètre, c’est signe qu’il faut retourner au dernier point sûr.
Évidemment, vous me direz que j’exagère. Je vous répondrai qu’on retrouve aussi à chaque niveau un hôpital de pèlerins. Daphné et moi soupçonnons qu’il s’agit d’hôpitaux psychiatriques pour les pèlerins qui seraient devenus fous à tourner en rond. Voici des photos où retrouve des hôpitaux de pèlerins à certains niveaux par exemple:


Vraiment, ce chemin nous demande de développer toute notre attention.
Voici quelques photos en route vers Irun.










