Étape encore sous la pluie aujourd’hui. Comme nous étions déjà à la destination prévue (Santoña) à 10h00, nous avons décidé de continuer avec le plan de sauter une étape en allongeant celle d’aujourd’hui. Au total nous avons fait 30 kilomètres entre Laredo et Guemes.
Une particularité du départ de Laredo est que nous longeons la plage sur 4,4 km avant d’arriver dans une zone de plage qui accueille un petit bateau qui nous fait traverser à Santoña.
Le cours d’eau à cet endroit fait plus de 600 mètres de large et le bateau qui nous permet de traverser (sa clientèle semble être principalement des pèlerins et des cyclistes) accoste directement sur la plage à l’aide d’une passerelle qui est abaissée pour accueillir les passagers.
Ce soir nous logeons dans une auberge qui semble un peu spéciale. Dans le bon sens du mot. Elle peut accueillir jusqu’à une centaine de pèlerins et est en mode donativo (le prix payé est à la discrétion des pèlerins).
À l’arrivée, on nous souhaite la bienvenue, on nous donne un verre d’eau et un biscuit puis on nous explique l’horaire.
À 19h30, le propriétaire nous explique sa philosophie. C’est un prêtre-ouvrier très engagé. Il a travaillé dans une mine de charbon pour être le plus près possible de la conditions de ses fidèles. Il a même fait de la prison suite à des manifestations contre le pouvoir qui exagérait. Bref, c’est une personne complètement engagée. On le connaît sous le nom du père Ernesto. Il a 86 ans bien sonnés et les idées bien arrêtées. L’auberge qu’il gère appartient à tout ceux qui font du bien dans le monde. Il se sert des dons reçus des pèlerins pour financer son fonctionnement (tous des volontaires) et pour des projets partout dans le monde.
Quand le père Ernesto a énuméré la provenance des pèlerins pour la journée (au nombre de 48), il a commencé par les pays les plus près : l’Espagne, la France, etc. Il a terminé en disant qu’il y avait deux pèlerins qui provenaient du Canada.
À notre grande surprise Daphné et moi, les gens ont réagi en disant des « oh! ». Le père Ernesto a ensuite demandé à ces pèlerins de lever la main ce que nous avons fait.
Il a ensuite demandé si nous venions du Québec et, en français cette fois, si nous connaissions Ste-Anne-de-Beaupré.
Après cette rencontre, c’est un repas en commun avec tous les pèlerins qui nous attendait. Ainsi que le petit-déjeuner du lendemain.
Daphné a bien apprécié cette auberge. C’est sa préférée jusqu’à maintenant.
Pas de photos aujourd’hui, le temps ne s’y prêtait pas. Le trajet était principalement constitué de bordures d’autoroute et de chemins de campagne.
Comme les nuages étaient très bas (la cime des montagnes étant cachée), qu’il y avait du brouillard en distance et qu’il pleuvait en matinée, nous avons choisi un chemin alternatif avec moins de sentiers de terre et moins rocailleux.
Demain la destination est Santander. C’est une grosse ville située entre 10 et 19 km de l’endroit où nous sommes, la distance variant selon la source consultée. Il n’y a rien comme marcher une étape pour de vrai pour savoir la distance réelle.
Selon les prévisions météo, la pluie devrait cesser demain en après-midi. Ça tombe bien car nous commençons à être à cours de linge complètement sec. Nous avons aperçu une sécheuse dans l’auberge et essaieront d’y mettre notre linge mouillé. Mais comme il y a bien des pèlerins dans la même situation, la sécheuse risque d’être bien occupée…



