Après cinq heures de vol, c’est l’arrivée à Reykjavik le 24 août dernier. Le survol de l’Islande à basse altitude, peu avant l’atterrissage à l’aéroport de Keflavik, représente mon premier contact réel avec l’Islande. J’observe une absence presque totale d’arbres. À la place, des plaines parsemées de roches volcaniques et de mousse verte qui les recouvre. C’est un paysage très particulier. Ça promet.
Le nom de Reykjavik provient du fait qu’elle est entourée de nombreuses sources d’eau géothermiques. Le mot se traduit littéralement comme la baie (vik) fumante (reykja étant le pluriel de fumée). Cette fumée correspond en réalité à la vapeur qui se dégage de ces sources géothermales. Le premier contact qu’on a avec l’Islande est donc assez particulier. On voit dans de nombreuses montagnes des colonnes de vapeur s’échapper du sol. C’est un endroit surprenant.
Après mon arrivée à l’aéroport, je me rends dans la section des bagages pour récupérer mon sac-à-dos qui a voyagé dans la soute de l’avion à cause de sa taille hors-norme. Ça me prend plusieurs minutes avant de trouver l’endroit où les bagages hors-normes sont déposés. Sans surprise, on y trouve presque uniquement des sacs-à-dos. Je ne serai pas le seul à partir en expédition dans les prochains jours.
J’aperçois, dans la pile de sacs-à-dos, la housse protectrice du mien. Je le ramasse et en vérifiant l’étiquette, constate que ce n’est pas le mien. Quelle est la probabilité que deux housses identiques se trouvent au même endroit en même temps ? Faut croire que je ne suis pas le seul à avoir eu l’idée de ce voyage à la même date et avec le même sac-à-dos.
Après 45 minutes d’attente, mon sac-à-dos n’est toujours pas sorti du convoyeur. Je commence à me demander si l’autre personne qui a la même housse que moi ne s’est pas trompée et est partie avec mon sac-à-dos. Ça perturberait considérablement mes plans de voyage. Encore plus si cette personne n’a pas du tout la même taille que moi, ou encore mieux, si elle porte la jupe…
J’attends encore une bonne demi-heure avant de voir apparaître mon sac. Ouf, finalement je n’aurai pas à m’adapter au style vestimentaire d’une autre personne. J’ai tous mes morceaux…
Je saisis mon sac et le dépose sur une poussette qui est libre. Je tente d’avancer mais la poussette ne veut rien savoir. Elle bloque. Je déplace donc mon sac sur une autre poussette libre un peu plus loin. Même chose, elle bloque elle aussi. Je finis par comprendre, sur le tard car ça doit faire 24h que je n’ai pas dormi, que pour avancer on doit enclencher un levier sur la poussette ce qui libère les freins. C’est la première adaptation à une façon de faire différente, caractéristique de la présence dans un autre pays. Ce ne sera pas la dernière, j’en suis convaincu.
Ayant tout mon matériel, je me rends ensuite à la navette qui fait le trajet entre l’aéroport et la ville de Reykjavik même, soit une distance d’environ 45 km. Je profite du trajet emprunté pour voir d’encore plus près ce paysage si différent. Ces roches enrobées de mousse verte, qui couvrent des acres et des acres de terrain, ce sont des champs de lave. Et les montagnes qui surgissent du sol, dans certains cas des volcans en dormance.
À mon arrivée à Reykjavik, je prends un transfert vers une seconde navette qui m’amènera au gîte où j’ai choisi de loger pour mes deux premières nuits en Islande. J’ai fait le choix de loger dans un « hostel », soit une auberge à prix modique, comme je l’avais fait durant mon pèlerinage sur le chemin de Compostelle en 2018. Cette fois-ci, par contre, le dortoir de six personnes est beaucoup plus exigu. Et contrairement au chemin de Compostelle, tous ne sont pas des pèlerins ayant marché de nombreux kilomètres durant la journée. Les heures pour dormir sont donc beaucoup plus variables; il y a un va-et-vient important dans les chambres jusqu’aux petites heures du matin. Ce n’est pas un problème, car n’ayant pas dormi depuis une quarantaine d’heures, je me rendors rapidement après chaque arrivée et départ.
Je profite de mes deux premières journées à Reykjavik pour visiter la ville à la marche et découvrir ses attraits. C’est une très belle ville qui loge entre l’océan et les montagnes. Il y a une bonne vibe dans la ville et les touristes y sont nombreux. Toutes les communications se font en anglais, les Islandais étant très à l’aise dans cette langue.
À l’accueil de mon auberge, la personne au comptoir parle justement en anglais aux touristes qui me précèdent. Je crois déceler un accent familier dans l’anglais de cette personne mais je me dis que ce doit être parce qu’elle parle l’Islandais nativement. À mon tour, elle me demande d’où je viens. Je lui indique que je viens du Québec. Elle me demande alors si je parle français. Je lui répond que c’est ma langue native. Et nous continuons alors la conversation en français, car c’est une dame originaire de Toulouse qui vit en Islande depuis de nombreuses années. Durant le reste de mon séjour à cette auberge, j’aurai l’occasion de lui parler plusieurs fois, la carte d’accès à ma chambre faisant des siennes et devant être reprogrammée souvent.
Au centre de la partie plus ancienne de la ville, on retrouve une magnifique église, l’Hallgrímskirkja. Son design rappelle volontairement la forme des colonnes de basalt, des roches volcaniques de forme hexagonales très régulières et toutes en longueur, qu’on retrouve dans quelques endroits en Islande. L’église offre la possibilité de monter en ascenseur jusqu’au sommet de son clocher (haut de 75m), d’où on dispose d’une superbe vue panoramique sur la ville et ses environs. Il est même possible d’apercevoir à distance par beau temps, à plus d’une centaine de kilomètres, le sommet du glacier Snæfellsjökull. C’est ce glacier qui sert d’inspiration (et de point d’entrée) dans le roman de Jules Verne, Voyage au centre de la Terre.

Mes deux premières journées en Islande seront consacrées à prendre de nombreuses photos de la ville. En voici quelques-unes.










C’est un véritable défi d’essayer de les prononcer



















