« La jeunesse est le temps d’étudier la sagesse; la vieillesse est le temps de la pratiquer. »
Jean-Jacques Rousseau

« Wow ! » . Ce sont les mots qui me sont venus à l’esprit lorsque j’ai tourné le dernier coin du sentier qui révélait Rocamadour pour la première fois. Un peu à la façon déjà utilisée pour Estaing, le sentier qui mène à Rocamadour ne donne aucun indice, ou vue partielle de la cité tant qu’il n’est pas en mesure de tout dévoiler.
La première vue sur Rocamadour est magnifique. Je dirais que c’est le plus beau panorama depuis le début du chemin. Et ce n’est pas par manque de compétition. C’est dire toute la beauté de cette cité médiévale.
Le chemin qui mène à Rocamadour depuis Gramat est lui aussi à la hauteur de la destination. Nous commençons d’abord sur une route traditionnelle, qui alterne route de bitume, route de terre et sentier en forêt. À environ 9 km de Rocamadour, le chemin change totalement. Un sentier nous fait descendre dans la gorge de l’Alzou. Deux murailles de roc s’élèvent de chaque côté de nous et le sentier se promène sur la falaise. Il est parfois abrupt, interrompu par un escalier naturel à certains endroits, et nous fait jouer à Indiana Jones avec sa traversée de l’Alzou sur un simple tronc d’arbre aplani. Ce n’est pas le temps de glisser ou de placer les pieds au mauvais endroit. Il y a bien une petite rambarde pour nous aider à garder l’équilibre mais elle semble encore plus craintive que nous.


Nous traversons des ruines remplies de végétation et observons d’anciens moulins désaffectés. Il y a affluence sur le sentier aujourd’hui car les Français profitent de la Pentecôte pour visiter Rocamadour. La paroisse de Gramat invite même ses paroissiens à prendre le sentier pour aller faire un tour à Rocamadour. On voit des aînés, des familles avec jeunes enfants et quelques rares pèlerins comme nous.
Nous arrivons à Rocamadour sur l’heure du diner.







Après une pause pour diner, nous visitons la cité; chapelle, crypte, les remparts (la partie qui surplombe la cité). Autour de la cité il y a plusieurs restaurants et boutiques de toute sortes; l’aspect commercial est bien présent mais il faut s’y attendre car cet endroit est le deuxième site touristique de France (après le Mont Saint-Michel).
Le gite où nous sommes hébergés aujourd’hui (le Cantou) est tenu par les sœurs de Notre-Dame du Calvaire avec l’aide d’hospitaliers (bénévoles qui accueillent les pèlerins). Les dernières sœurs de cette congrégation sont maintenant une dizaine. Auparavant, elles avaient un pied à terre au Canada (maison à St-Romuald, puis en Beauce) mais le manque de relève a fait que leur maison a du être fermée en Beauce dans les dernières années.
Demain notre destination est Labastide-Murat. À environ 26 km de Rocamadour et à plus de 300 m d’élévation comparativement à Rocamadour, nous avons une bonne journée de marche à l’agenda. Mais nos corps s’adaptent bien à leur nouvelle réalité. Nous n’avons pas de courbature, pas d’ampoule (dans mon cas, fiston en a quelques-unes mais bien soignées – conséquence d’avoir dû marcher dans l’eau) et bien de l’énergie pour les nouvelles étapes.
Nous avons hâte de retrouver le GR65 car la variante Rocamadour est un peu solitaire côté pèlerins. Mais elle en vaut plus que la peine.