Visite du volcan Þríhnúkagígur

Aujourd’hui, 31 août, la visite de l’intérieur d’un volcan est prévue à mon agenda. Je quitte donc l’hôtel en fin de matinée pour aller attendre l’autobus, en voyage organisé, qui nous mènera à cette activité.

Le ciel est nuageux ce matin. La température est agréable. Même si Reykjavik est situé près du cercle polaire, la température est généralement modérée. Pas très chaud en été, mais pas très froid en hiver non plus. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, si on compare avec notre situation au Canada, les températures hivernales tournent pas mal toujours autour du point de congélation en Islande. Rien à voir avec les -20C et -30C en janvier au Canada. Le courant Gulfstream qui touche à l’Islande y est pour beaucoup.

Même si j’ai hâte de faire l’activité aujourd’hui, le format utilisé, un voyage organisé, n’est pas mon préféré. Je redoute un peu les contraintes de temps et de déplacement associés à ce format. Mais bon, c’est le seul disponible pour la visite du volcan, à moins de louer une voiture pour l’occasion.

L’autobus arrive et nous nous mettons en route vers la destination. Le volcan est situé dans Reykjanes, un endroit pas très loin de Reykjavik et connu pour son activité volcanique récente.

Localisation du volcan qui sera visité

Après une vingtaine de minutes sur la route, la pluie commence. Comme le disent les Islandais, si vous n’aimez pas le temps qu’il fait, vous n’avez qu’à attendre 15 minutes. Le temps change rapidement en Islande. Et c’est ce phénomène auquel on est en train d’assister.

Le vent se lève. L’autobus commence à zigzaguer un peu. Puis de plus en plus. Le vent est maintenant très fort. Dans les derniers kilomètres menant au site d’activité, la visibilité est faible et le vent menaçant. Le chauffeur a besoin de toute sa concentration pour garder l’autobus sur la route.

Nous arrivons au site d’accueil de l’activité. Le temps est maintenant très brumeux, le vent toujours aussi fort.

Nous entrons à l’intérieur. Un groupe qui nous précède vient de terminer l’activité. Malgré un habit de pluie qui les couvre des pieds à la tête, ils sont complètement détrempés.

Le guide de l’activité nous rencontre. Il nous indique que pour se rendre au volcan nous devons marcher environ 3 km. Et que la température aujourd’hui est aussi mauvaise qu’elle peut l’être. Il nous indique que ce sera mauvais pour nous rendre sur place. Mais que ce sera encore pire pour revenir; « it will be bad when we get there, and it will be really bad when we get back » faisant sans doute référence à la direction vers laquelle le vent souffle. Une personne dans l’assistance tente d’être optimiste et suggère que peut-être le temps changera entre l’aller et le retour. Le guide le regarde avec un petit sourire puis lui répond; « no, it will be really bad when we get back« . Faut dire qu’il a déjà fait le trajet avec un groupe le matin.

Nous enfilons donc l’habit de pluie (style pompier) fourni par l’activité. Puis nous sortons dehors et nous nous dirigeons vers le sentier qui mène au volcan. Les conditions sont mauvaises. Le vent est très fort et la pluie est à l’horizontale et nous pique le visage en nous frappant.

Nous marchons les trois kilomètres jusqu’au refuge situé à côté du volcan, la tête baissée pour éviter l’emprise de la pluie. Puis nous entrons dans le refuge où le groupe d’une vingtaine de personnes que nous sommes est séparé en sous-groupes pour la visite du volcan.

Étant donné la température, je n’ai pas eu l’occasion de pouvoir prendre des photos durant la partie extérieure de l’activité. À la place, j’inclus ici des photos provenant du site qui vend les billets. Dans mes photos, on n’aurait vu que de la brume et de l’eau dans l’objectif de la caméra de toute façon…

Comme on peut le constater dans les photos qui suivent, on entre dans le volcan par une fente située dans sa partie supérieure à l’aide de l’équivalent d’une plateforme utilisée pour laver les vitres d’un gratte-ciel. Nous sommes tous attachés à la rampe de la plateforme et celle-ci descend tranquillement en effleurant le goulot du volcan sur tous les côtés. La hauteur entre la cime du volcan et sa base est environ deux fois la hauteur de la statue de la liberté ou environ 1.5 fois la hauteur de l’église Hallgrímskirkja.

Pour se rendre à la cime du volcan, on marche sur un sentier qui en fait le tour en montant.

Avec le vent aujourd’hui, c’est presque impossible de marcher debout sans se tenir à quelque chose. Le vent est tellement fort que c’en est presque drôle. Pour monter au sommet du volcan nous devons nous accrocher à deux mains à la rampe située à la gauche de nous. Sinon le vent nous souffle en dehors de la piste est c’est la déboulade. Je n’ai jamais vu un vent aussi fort. Même dans les tempêtes hivernales. Le vent ne souffle pas, il hurle dans nos oreilles.

Une fois la descente dans le volcan amorcée, c’est le calme complet. Plus de vent, seulement un peu de pluie qui réussit à s’infiltrer par le mince fente qui perce le volcan. À l’intérieur tout est calme.

Dans la base du volcan, on peut marcher tout le long de sa circonférence en montant et descendant un petit escalier rudimentaire construit de roches.

Les couleurs dans le volcan sont spectaculaires; du jaune, du rouge, de l’orange, du vert, du bleu et du noir.

Nous demeurons à la base du volcan une vingtaine de minutes. Puis c’est le signal du départ et nous remontons dans la plateforme.

Nous revenons ensuite au refuge situé près du volcan. Le vent n’a pas diminué. Il est toujours aussi violent et nous devons nous tenir à la rampe pour redescendre jusqu’au refuge. À l’intérieur, on nous attend avec une soupe d’agneau chaude. Vraiment bonne comme soupe, et pas seulement à cause du vent.

Puis c’est le retour, sur 3 km, vers l’accueil de l’activité. Le vent est maintenant de face. Les gouttes d’eau se sont transformées en petits dards qui cherchent à nous transpercer. Ça pince vraiment beaucoup, ce n’est pas agréable. Nous marchons en nous regardant le bout des pieds durant environ 45 minutes, puis nous pouvons enfin entrer à l’intérieur, le temps de nous débarrasser de l’habit de pluie. Ayant déjà sous ce manteau mon propre kit de pluie, je suis resté au sec, sauf pour les pieds.

C’est le retour à l’autobus puis à Reykjavik. J’ai bien aimé l’activité, et je dois avouer, après coup, que j’ai bien aimé cette expérience de météo violente en Islande. C’est un pays vraiment sans compromis; la nature y règne en maître. J’aurai fait l’expérience des quatre éléments aujourd’hui en Islande; l’élément feu représenté par le volcan, celui de l’eau représenté par la pluie, l’élément terre sur lequel nous avons marché avec difficulté et l’élément air qui est représenté par… Je crois que je n’ai pas besoin de le préciser.

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