« Pour aller où tu ne sais pas, prends le chemin que tu ne connais pas. »
Julien Delacroix

Départ d’Aumont-Aubrac pour Nasbinals à 8h30 avec une température très fraîche (ça prends un manteau). Arrêt au guichet automatique du Crédit Agricole pour se renflouer un peu.
Le trajet vers Nasbinals est plutôt plat et traverse une partie du plateau de l’Aubrac.





C’est une nature brute et dénudée de tout artifice qui s’offre à nos yeux. Pour survivre sur un plateau à 1300m d’altitude et les hivers que cela implique, il faut forcément être fait fort. On voit clairement l’effet de la sélection naturelle dans ce paysage; des arbres nains, des rochers, de la végétation courte sans artifice. Un vent glacial nous souffle dessus durant toute la randonnée. Comme une façon pour le plateau de nous dire que si nous ne sommes pas capable d’y résister, nous n’avons pas notre place ici. Fiston décide de mettre ses gants.
Malgré une nature à son plus simple, c’est néanmoins un beau paysage qui s’offre à nous. Nous traversons plusieurs petits villages, tous dotés de propriétés agricoles.


L’espèce de vache Aubrac est reine ici. Bien que le plateau de l’Aubrac semble fait sur mesure pour elle, elle n’est pas présente en grand nombre aujourd’hui. On dénote bien quelques vaches ici et là, mais la plupart sont encore dans leur étable d’hiver. Vers la fin mai, lors de la transhumance, les éleveurs du coin mènent leurs vaches au plateau. On en profite pour fêter cela dans plusieurs villages.
Depuis notre départ de Le-Puy-en-Velay, nous constatons une affluence importante sur le chemin. Les Français ont en effet trois jours de congés obligatoires durant la semaine et plusieurs en profitent pour faire le pont, soit prendre deux jours de congés supplémentaires pour faire une semaine complète de vacances. On voit donc beaucoup de randonneurs, des couples jeunes principalement, qui font le chemin durant une semaine. Cela a comme conséquence de rendre plus difficile les réservations, car tout est pris.
Heureusement dans notre cas, cela n’a pas d’impact pour le moment, même si depuis deux jours nous réservons notre prochain gite d’hébergement la journée précédente. Je profite de la pause du midi pour faire la réservation du lendemain. Il ne reste que la journée de samedi à réserver avant que cette semaine de vacances nationales prenne fin.
Parlant de randonneurs, mon impression depuis une semaine est que ceux rencontrés ne sont pas nécessairement typiques de ceux que nous rencontrerons après l’étape de Conques (dans quelques jours). Beaucoup de randonneurs s’arrêtent en effet à cette étape. Il y a bien nos australiens qui se rendent à la fin de la via Podiensis (St-Jean-Pied-de-Port) mais les autres personnes rencontrées sont toutes en mode d’essai; ils font un bout de chemin pour voir s’ils aiment l’expérience dans l’optique de continuer dans le futur. Leur motivation semble pour la plupart touristique et gastronomique.
Dans notre cas, cette première semaine en est une de rodage. Rodage pour notre corps qui est soumis à un changement important dans ses habitudes, et qui répond très bien jusqu’à maintenant. Rodage également dans notre façon de vivre cette expérience.
Au déjeuner ce matin, un très sympatique couple français rencontré hier durant le repas à Aumont-Aubrac mentionnait que le fait de marcher ainsi jour après jour commence à avoir les mêmes effets qu’une drogue. Dès qu’une nouvelle journée commence, nous avons le goût de reprendre le chemin pour découvrir la prochaine étape. C’est dur à comprendre comme motivation, car le chemin est souvent difficile; il teste nos chevilles, nos genoux, nos mollets, notre cardio sans relâche. Un peu comme le plateau de l’Aubrac qui nous souffle son vent glacial en plein visage pour voir si nous sommes dignes de lui.



Demain, c’est une étape courte (17 km) vers St-Chély-d’Aubrac. Après deux étapes plutôt costaudes, c’est le temps de laisser « souffler » notre corps.
Côté photos, je vais mettre en ligne les premières étapes durant la soirée. Je dispose actuellement d’un bon lien internet (pas des plus rapides, mais stable) ce qui devrait me permettre d’ajouter une centaine de photos à celles déjà publiées.